CYRILLE - TRAIL DU NIVOLET REVARD - 53KM & 3000MD+
- Kevin Jan
- 9 juin
- 5 min de lecture

LA REMONTADA
La course du proclamé Duc de Savoie, animée par la voix du trail, LE speaker de l’UTMB. Nous sommes à Voglans, au-dessus de Chambéry, avec une météo idéale et des sentiers plutôt secs, autant dire que ça sent la journée prometteuse…
Je pars du logement en footing (4 km d’échauffement doux en descente, le luxe ). J’arrive sur la ligne de départ moins de 10 minutes avant le coup de pétard, je me faufile dans la foule de coureurs, deux trois mots du speaker… je me concentre… Mince, la trace GPX ! Je ne l’ai pas dans la montre… Je me déconcentre, installe la trace, me reconcentre et c’est parti !
Comme prévu, je pars doucement. C’est un faux plat sur plusieurs kilomètres (enfin, faux plat montagnard… ça grimpe quoi). Je suis au cardio, je reste en endurance haute, pas plus, c’est le plan. Au Km6, je croise mon cousin Florian qui m’accompagne quelques centaines de mètres pour m’encourager. Il me quitte pour me laisser disparaître dans le premier raidard… et purée, il est raide ce p’tit talus. J’ai les mollets qui tirent fort, c’est vraiment étonnant à tout juste 6 km… ça m’inquiète un peu, mais bon, je grimpe sans trop me poser de questions, en posant bien l’avant pied ça soulage. Une fois passée la grimpette ça déroule gentiment.
Au km 12, je me fais ravitailler par Flo, express, sans même m’arrêter (il ne fait pas de cadeau le cousin, on reconnaît le champion de 24h, et oui, car il est monté sur le podium du championnat de France de 24h de running 15 jours avant). On enchaîne avec un deuxième petit talus aussi coquin que le premier, avant de redescendre un chouïa et d’attaquer la première vraie ascension : 800mD+ d’un trait, droit dans le pentu. Calme, je garde mon rythme et mon cardio cool jusqu’au bout, comme prévu dans mes plans, ce n’est rien de plus que l’équivalent d’une séance à Pont Caffino.

Je mange et bois correctement, c’est cool. C’est l’exercice du jour et je souhaite le faire de manière appliquée. J’avais prévu d’accélérer après cette montée, mais finalement je garde mon rythme de croisière. Je suis en avance sur les temps de passage que j’avais prévu, donc no stress, pas utile de me cramer. Il reste du chemin et je profite au maximum des sensations agréables. D’ailleurs je n'avais pas senti de telles sensations depuis ma dernière participation aux Templiers, et honnêtement ça fait vraiment du bien.
Le dos me gêne un peu en montée… l’âge sûrement, c’est moche de vieillir.
J’entame 10 km sur le plateau : ça monte, ça descend, ça relance. Ça, je connais, c’est comme à la maison… sauf qu’il y a de la neige ici . Rien de super difficile, ça se court bien et ça se trottine dans les montées, donc ça va. Je sens quand même qu’il m’en manque un peu dans les faux plats. Bon OK, ce n’est que la première course de la saison, mais il va falloir travailler ça. Au bout d’un moment, les gels passent moins bien (point négatif), mais je me charge en glucides avec les boissons (point positif). Je vois mon cousin deux fois sur cette portion, donc c’est super agréable et ça donne une belle motivation. En plus les paysages et sentiers sont sympas.
Après une petite montée, petite mais raide, passage au pied de la Croix du Nivolet, point culminant de la course il me semble. Nous sommes au kilomètre 30, c’est le moment de basculer vers le retour. La vue est vraiment jolie d’en haut. Qui dit retour dit descente… et la descente n’est pas ouf pour le piètre trailer que je suis. Extrêmement difficile de courir : trop technique. La cheville part deux fois, c’est relou… des feuilles et des pierres qui glissent… et ça m’agace un peu de descendre à 8 min/km. Je ronchonne, alors je décide de mettre de la musique (c’est rare en course pour moi, je teste). Il fallait bien ça pour me remobiliser. Finalement, j’arrive à me détendre et la descente se passe plutôt bien. Sauf que je flirte avec une crampe depuis un petit moment déjà… crampe ou tension derrière la cuisse qui m’agace. Ça ne m’a jamais fait ça sur d’autres courses.
D’ailleurs, histoire de garder cette tension latente, les organisateurs nous font faire une boucle : descendre pour mieux remonter sur le plateau, afin de repasser exactement à l’endroit où nous étions une heure avant. Mon cousin me récupère en haut et m’encourage encore pour la suite. Et la suite… c’est une bonne descente avant la dernière ascension : petite sur le papier mais solide sur le terrain.
La descente se fait cool et en détente pour aller vers le dernier ravitaillement. Encore une fois, Flo me ravitaille en express. Il m’indique que la 3e féminine est juste devant et que quelques mecs semblent exploser. Des infos qui motivent. À ce moment, j’attaque la dernière grosse ascension qui m’emmènera vers la dernière descente, relativement corsée. Eh oui, c’est bien de monter, mais l’arrivée se trouve en bas, donc par force des choses, il va falloir casser de la fibre… et plus vite j’y arrive, plus vite je déguste une petite bière Run-Hard.

Mon cousin me rejoint une dernière fois et fait quelques bornes avec moi dans la descente. C’est ultra motivant de l’avoir avec moi. Quand tu connais le niveau du lascar, c’est un privilège de l’avoir en pacer de luxe. Du coup, je décide d’ouvrir en grand : je descends full gaz. Dans les lacets, mon cousin derrière moi a même du mal à suivre. Il me dit (bon, je vous avoue que je pense qu’il dit ça juste pour me motiver… mais chut ).
J’ai les pieds explosés. Je sens qu’un ongle sûrement mal coupé a entaillé la peau. Je vois la chaussure en sang… je sens que je ne peux pas accélérer plus fort à cause de la gêne, et non par manque de jambes. Bon, en soi, je suis relativement rapide dans une descente raide et technique, dans des lacets. Plus vite ne serait peut-être pas judicieux si je ne veux pas finir en roulé-boulé jusque en bas. Ah oui, j’ai doublé la féminine qui était devant. Je suis donc 3e féminine (c’est souvent la place que j’occupe sur les gros événements).
Je finis en serrant les dents pour mettre la pression aux quelques gars autour de moi. Une longue partie plutôt plate où je m’applique à garder du rythme au-dessus des 13 km/h : c’est mon petit défi perso de l’instant. Je trottine dans les deux dernières montées pour leur casser le moral, car le mien est bon et les jambes aussi, à part la tension toujours présente, mais on va dire que ça va. Il reste une mini montée, courte mais raide. Après 50 km, je la marche rapide. Je marche mais je relance aussitôt la côte avalée.
C’est la fin… il reste à descendre aussi vite que je peux, mais je me fais doubler 500 mètres avant l’arrivée par un mec arrivé de nulle part comme une fusée. Impossible de relancer… et de toute façon, mes pieds n’ont pas envie d’avoir plus mal.
J’abdique, mais je suis super satisfait de cette première course de l’année.
Je noterai beaucoup de positif : un régal pour le mental et de quoi engager cette saison de la meilleure des façons. Un bon mental, une bonne dynamique, de plutôt bonnes jambes, une gestion au top, une remontada permanente, pas de stress et du kiff tout le long… voilà.
Il ne m’en fallait pas plus pour être remonté à bloc pour les prochaines courses et attaquer la suite avec Kevin Jan.
J’ai déjà hâte !





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