LE MARATHON DE NANTES D'ANTHONY
- Kevin Jan
- 13 mai
- 3 min de lecture

Rencontre avec des murs...
26 avril 2026, C'est le jour J, mon premier marathon. 42,195km une distance mythique qui m'a toujours fascinée et sur laquelle je m'étais toujours dit que je ne m'y frotterai pas
Me voilà pourtant sur cette ligne de départ avec 7 mois de course à pied dans les jambes. Quelques certitudes donc, avec une préparation qui s'est bien déroulée dans l'ensemble mais forcément des doutes et de l'humilité compte tenu d'une distance que je n'ai jamais couru auparavant.
C'est parti ! Objectif -3h30 sur cet exigeant parcours du marathon de Nantes où je décide de partir sur des allures que je maîtrise entre 4'50 et 4'55 /km. Le cardio est un peu haut sur ce début de course mais quoi de plus normal lorsqu'on court cette épreuve pour la première fois ?
Les premières minutes se passent comme à l'entrainement, pas l'impression de forcer et les jambes déroulent (trop) bien. Je maintiens cette allure jusqu'au semi où je me dis "Chouette ! Je suis déjà sur la route du retour !", je ne le sais pas encore mais je vais vite déchanter
Arrive le km 26 où je commence à ressentir les premiers signes de fatigue, il commence à faire très chaud sur le parcours, les jambes se font lourdes, je suis beaucoup moins dans le confort. J'en profite pour faire une pause pipi et prendre un gel, je décide alors de repartir un peu plus doucement en espérant que ce mauvais moment passe. Je cours sur cette allure quelques kilomètres, et pour me mettre dans ma bulle, du fait de là difficulté, je décide de mettre de la musique. Quelques minutes plus tard, au km 30, je reçois un appel sur mon téléphone. Je ne saurais encore pas dire à ce jour pourquoi je prends l'appel mais je décide de répondre, c'est ma petite sœur en pleurs à l'autre bout du fil. Dans le brouhaha de la foule et de ma respiration saccadée, j'entends ces mots "Papy est tombé ce matin, il est mort". Une gigantesque émotion m'envahit et je m'arrête, net, en pleurs au milieu de la route.
Mon grand père était tout ce qu'on pouvait espérer d'un grand parent : bienveillant, affectueux, d'un soutien inconditionnel dans tout ce que j'entreprenais. Je lui dois beaucoup car je suis aujourd'hui un dirigeant épanoui de la société qu'il a lui même développé.
Je reprends ma course en marchant, quelques dizaines de mètres, avec une tempête émotionnelle en moi, puis je m'arrête à un ravitaillement où je prends la décision de courir à nouveau. Tout est un peu confus dans ma tête mais j'active le mode survie et j'irai au bout de ce marathon, c'est décidé.
Malheureusement mes jambes en avaient décidées autrement et au km 32 lors d'une descente, je ressens une pointe à chaque quadriceps. Sur les 10 derniers km je vais payer cash la chaleur et le manque d'hydratation sur la 1ere moitié de course. Des crampes simultanées : quadriceps, ischio, adducteurs ! Cela faisait très longtemps que je n'avais pas connu une telle douleur physique. J'alterne marche et course pour rallier péniblement la ligne d'arrivée où je tombe dans les bras de ma femme 200m avant. Quelques pleurs plus tard et en 3h55, je suis marathonien.
Beaucoup de marathoniens disent traverser plusieurs émotions pendant la course, je peux en témoigner. Je suis passé de l'euphorie à la tristesse et de la joie à la colère. Même si ce n'est pas la course ni le chrono espéré, je me console en ayant réussi à terminer et en me disant que désormais lui et mes marathons seront liés à jamais.




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