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MARILYN - MAXI RACE D'ANNECY - 100KM & 5500MD+

  • Photo du rédacteur: Kevin Jan
    Kevin Jan
  • 30 juin
  • 6 min de lecture

1er octobre 2025

L'alarme de mon iPhone sonne et apparaît : « Penser inscription Maxi-Race. »

Je suis connectée à l'heure et c'est parti pour saisir mes données personnelles et mes numéros de carte bleue à une vitesse éclair (plus vite que les pré-soldes chez Zara !).

Réponse dix jours plus tard : j'ai mon dossard. Ce sera mon défi de l'année et je vais le réaliser !


Courir contribue à mon bon équilibre. J'aime être en extérieur, que ce soit le matin quand la ville se réveille, le dimanche dans les parcs ou en vacances pour découvrir l'environnement. Je le fais sans réfléchir et sans penser EF ou fractionné. Fin janvier, je suis fatiguée et décide de faire appel à un coach pour me structurer et progresser.


Julien Dolay entre alors dans l'aventure ! Il me fait découvrir de nouvelles sorties : la piste, des allures progressives et... des jours de repos ! Je m'applique à suivre ses séances et ça paie : je passe la ligne de l'Atlantic Trail le 28 février, première féminine.

Un super moment, même si je sens le dos fragile ; il crampe en fin de course. Au fil des jours, les symptômes fluctuent avec une mobilité de plus en plus réduite le matin.

J'ai une hernie discale depuis toujours qui se réveille de temps en temps, mais après tout, j'ai gagné un trail, c'est que ça va !


8 mars 2026

Une sortie longue est prévue car je prépare les 100 km d'Oléron. Ce jour-là, le corps tire un peu mais j'y vais. Je fais 2 km et la jambe droite ne veut plus rien entendre. Même marcher devient difficile. Une douleur extrême sur le trajet du nerf sciatique me pousse à appeler le 15 et j'atterris aux urgences. Les réflexes du pied droit semblent atteints, les antidouleurs habituels sont remplacés par de la morphine et six jours d'hospitalisation seront nécessaires pour calmer cette sciatique paralysante.


J'ai mal et j'ai peur. Peur de ne plus profiter de balades avec mon fils, peur de finir en fauteuil roulant, peur de ne plus pouvoir faire de sport... Je me ressaisis au troisième jour et demande une béquille. Je me déplace difficilement mais en autonomie. Mes proches me rendent visite et me changent les idées. Le personnel hospitalier me chouchoute : je suis « la jeune » du service de rhumatologie du CHU de Nantes ! Je ne courrai pas Oléron et je l'accepte sans regret car ma priorité est de me rétablir. Mon défi de l'année reste la Maxi-Race et personne ne peut prédire mon évolution dans trois mois.


Dix jours après la sortie de l'hôpital, je trottine à nouveau, doucement, avec une jambe et un pied encore engourdis, mais ça suffit à me rendre heureuse. Julien s'adapte et me concocte un programme de reprise que l'on ajuste au fur et à mesure : marche rapide, Cyrano, respiration nasale... Je ne vais pas aussi vite qu'avant mais j'explore de nouveaux horizons et je passe du temps sur les sentiers.


14 avril 2026

Dernier jour pour céder mon dossard. Je réfléchis longuement car physiquement je ne suis pas en état, mais dans quarante jours ? Dans cette aventure montagneuse, j'embarque ma sœur, son copain et mon conjoint. Leurs congés sont posés, les billets d'avion réservés et le chalet avec vue sur le lac aussi.


Ma décision est prise : je garde mon dossard pour ne rien regretter. Les jours avancent, ça progresse. On inclut du D+ et ça passe, avec des douleurs certains jours et en marchant plus que prévu, souvent, mais je m'accroche. Le mental se forge sur les sorties « hamster » de quatre heures sur la même côte. Je perfectionne mon sommeil et mon alimentation, je fais mes exercices de mobilité, j'impose à mes proches des repas plus tôt, des dimanches d'absence et des restos au Perrier ! Et mi-mai, j'y crois : je vais prendre ce départ.



31 mai. SAS 6. 2 h 32

On y est ! Je suis sur une ligne de départ persuadée de pouvoir franchir l'arrivée.

Je me visualise taper dans cette cloche. Je me promets une seule chose : si le dos se réveille, j'arrête. Je ne revivrai pas la douleur de mars et je n'imposerai pas ça à mes proches une nouvelle fois.


Trois kilomètres plus loin, il fait déjà chaud et on entre dans le vif du sujet avec la montée du col de Veyrier. Que c'est beau d'arriver là-haut avec le lever du soleil.

Je me sens bien. Je prends le temps de profiter quelques minutes du panorama.

Je croise Adrien, un collègue de travail. On discute quelques minutes. C'est étrange et rassurant à la fois. Place à la première descente. Je cours, je me concentre sur le terrain et tout se déroule encore mieux que je ne l'avais imaginé. Je continue ainsi jusqu'au premier ravitaillement assisté à Doussard, au 47e kilomètre. Mes supers assistants sont là : changement de chaussettes, sandwich, crème solaire... Je repars sous leurs encouragements en me disant quand même qu'il fait chaud et que ça va être dur.


KM 55. Je marche et je n'arrive plus à relancer.

Je suis envahie de pensées négatives :

« Tu ne finiras jamais. »

« On te l'avait dit que c'était trop tôt, tu n'as pas écouté. »

« De toute façon, à ce rythme, tu ne passeras pas la barrière horaire. »

Je termine une petite descente et mes trois soutiens sont là. Ce n'était pas prévu. Je craque et eux me reboostent. Ils m'expliquent que tout le monde est dans le dur et que je dois penser kilomètre par kilomètre. Deux participants entendent la conversation et me disent de venir avec eux. L'un vomit et on rigole de son état, bien pire que le mien !


En dix minutes, mon cerveau bascule : « OK, tu vas au bout. » Je suis extrêmement vigilante sur l'hydratation et la nutrition. Ça me permet de monter le Semnoz doucement mais sûrement. Autour de moi, l'ambiance est lourde. Les coureurs s'arrêtent, assoiffés. Certains s'allongent à bout de forces. Les équipes de secours interviennent.


KM74. Je rencontre Nico et Inès qui est en plein down. On marche ensemble trois kilomètres. Je sais qu'Inès vit ce que j'avais vécu plus tôt alors je la soutiens. Son père l'attend un peu plus haut pour prendre la suite. J'atteins le ravitaillement assisté du 85e avec une jambe qui devient de plus en plus raide, mais la douleur ne remonte pas dans le dos, alors je tiendrai. Ma sœur me donne une frontale chargée, mon copain mes cacahuètes préférées et je repars.


Le mental est là. Je sais que la relance devient quasi impossible car je n'ai plus assez d'appui dans le pied droit, mais je marche sans gêne. Je me fais doubler sans cesse mais toujours avec cette même phrase d'encouragement : « Accroche-toi, c'est fini ! »

Je pense aux concessions que j'ai faites et à ceux qui me soutiennent depuis le départ, aux messages reçus, aux vocaux de ma copine Flavie :

« Pour une fois que t'en chies, tu vas aller au bout ! »

Et à mon fils à qui j'apprends chaque jour à être fier de soi et à toujours terminer ce qu'il commence.

Le mot résilience prend tout son sens.

Je suis remplie d'émotions.

Je cours un peu sur les 700 derniers mètres.

Je pleure en voyant les lumières rouges du couloir d'arrivée.

J'entends ma sœur et mon copain et je vois LA cloche.

Je puise dans mes dernières forces pour sauter et la sonner.

Incroyable.

Je l'ai fait...


Je suis fière de moi et du chemin parcouru et n'ai pas de gros bobos. Des pizzas chaudes et une bière (que je ne boirai pas !) m'attendent au chalet. Les deux heures post-course sont hors du temps. J'ai couru seule et je suis 1129e, mais devant nos pizzas nous étions les quatre gagnants de la Maxi-Race. Je me couche le corps endolori et encore rempli d'endorphines, mais apaisée. Le lendemain, je redescends petit à petit de mes émotions. On refait la course en profitant des bords du lac, on se baigne, on rigole de mon coup de blues au 55e.

C'est génial.


Quatre jours plus tard, le corps est fatigué mais les courbatures sont derrière moi.

J'ai profité de mon fils qui retient que je courais pendant la finale de la Ligue des champions ! J'ai remercié tous ceux qui m'ont permis d'être finisher et je vais prochainement me rapprocher du corps médical pour éclaircir ce déficit moteur persistant sur la jambe droite. Je retiens de tout ça que terminer un marathon en 3 h 05 ou finir première d'une course, c'est génial. Mais embarquer les gens qui nous portent au quotidien dans nos réussites sportives, c'est encore mieux.

Le sentiment de victoire collective est unique et puissant.

Je l'ai compris sur cet ultra exigeant.

Je cherche le prochain 100 km pour 2027 : le Trail de Saint-Jacques, la VVX...

Des idées ?


 
 
 

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